INSOLITE : Belhassen Trabelsi sort de son silence et demande pardon aux Tunisiens

“J’ai écrit cette lettre pour demander pardon, même si je sais qu’aux yeux de nombreux Tunisiens, sinon la totalité d’entre-eux, je suis considéré injustement comme un criminel qui a pillé le pays avant de fuir à l’étranger.” C’est ainsi qu’entame sa lettre Belhassen Trabelsi, beau-frère du dictateur déchu, en fuite depuis le mois de janvier 2011. Une lettre qu’il adresse aux Tunisiens par le biais de son avocat et dont a reçu une copie le journal en ligne Espace Manager. Dans sa lettre, l’homme d’affaires que l’on peut considérer comme l’un des plus haïs du peuple tunisien nie sa fuite et parle plutôt d’avoir quitté le pays temporairement mais surtout en toute légalité pour protéger ses enfants : “Des individus ont tenté d’attaquer ma demeure à plusieurs reprises avant de l’envahir, la piller, détruire une partie de la construction et enfin la brûler complètement. Dans ce contexte grave, j’ai préféré protéger mes enfants et quitter temporairement le pays en toute légalité». Le frère de l’ancienne régente de Carthage ne s’arrête pas là, il incombe à certains médias de l’avoir fait passer pour un monstre incarnant la corruption de l’ancien régime : « (…) Je sais que certains médias, intentionnellement ou non, ont fait la confusion avec les dépassements de quelques personnes et m’ont décrit comme un monstre faisant de moi le symbole de la corruption de l’ancien régime. En mon absence, des histoires de tout genre ont éclaté et des calomnies émanant même de certains de mes associés ont circulé. J’ai été stupéfait de voir quelques-uns qui ont tout fait pour s’associer à moi (et que tout le monde connaît), me dénigrer,  malgré les bonnes relations que j’ai toujours entretenues avec eux. Des relations basées sur le respect, la confiance et la loyauté et les documents le prouveront.” Et si ce qui précède n’a pas réussi à vous arracher quelques larmes, ne paniquez pas car l’”honorable” frère de Leila et parrain du clan Trabelsi va encore plus loin. Il reviendra dans sa lettre sur son passé et ses débuts et ira jusqu’à vous assurer qu’il n’a jamais profité de sa situation de frère de la régente pour obtenir des privilèges. Mieux encore, il vous rappellera combien il a donné à ce pays en y investissant… « Issu d’une famille modeste, j’ai fait mes études en Tunisie puis en Algérie où j’ai obtenu le diplôme d’ingénieur. Par la suite, J’ai entamé la vie professionnelle en créant une petite entreprise dans laquelle j’ai travaillé dur pour essayer de la développer, et grâce à mon travail acharné, l’expansion de mes affaires s’est poursuivie et mes entreprises se sont multipliées. » « Il est vrai que les portes m’étaient grandes ouvertes, que je n’ai jamais eu de problèmes à rencontrer des responsables, cependant, je n’ai jamais profité de cette situation pour obtenir des privilèges, tels que m’approprier des biens étatiques etc. Au contraire, j’ai toujours veillé à honorer mes engagements fiscaux, obligeant mon personnel et mes associés à respecter les procédures en vigueur. » « Tous mes biens et la plupart de ma fortune, pour ne pas dire sa totalité, se trouvent en Tunisie, d’ailleurs je faisais même en sorte de réinvestir les recettes de mes activités à l’étranger en Tunisie au moyen de fonds d’investissements internationaux.» « Est-ce le comportement de quelqu’un qui veut piller le pays? Celui qui veut piller le pays place son argent à l’étranger et ne pense pas à le réinvestir en Tunisie». Oui mais voilà, quel but aurait cette émouvante lettre après plus d’un an de silence ? Si vous ne l’avez pas encore deviné, sachez que le pauvre Belhassen aimerait juste rentrer au bled car il est rongé par le mal du pays. Sa famille en Tunisie lui manque et il est prêt à faire face à son destin avec bravoure et courage : «Le mal du pays me ronge et je veux retourner avec ma famille en Tunisie. Je l’affirme en toute spontanéité et sincérité, peu importe le prix que j’aurais à payer. Je suis prêt à comparaître devant la justice à condition de bénéficier d’un procès équitable et juste devant un tribunal tunisien ou devant n’importe quel  organisme choisi par le peuple et approuvé par le gouvernement. Je suis prêt pour l’interrogatoire et la reddition de comptes. En effet, Je veux retourner dans mon pays pour faire face à mon destin tout en espérant ne pas avoir à affronter la haine aveugle, les représailles, le mensonge, la calomnie, et le sentiment de vengeance de certains qui peuvent toucher à ma sécurité ou à celle de ma famille.» Et si tout cela n’a pas suffi à vous émouvoir, le pauvre Belhassen, nostalgique et malheureux, vous demandera encore une fois pardon, à l’avance dit-t-il : « Je demande pardon à l’avance pour toutes les erreurs que j’ai commises. Je demande pardon au peuple tunisien en toute honnêteté et sincérité. Je demande pardon tout en assumant pleinement mes responsabilités et tout en étant prêt à faire face à l’appareil judiciaire et les organes de l’Etat, à la reddition de comptes et à me soumettre à toutes les décisions. Je demande pardon sans chercher à me dérober de toutes mes responsabilités. Vive la Tunisie, libre et indépendante, Vive son peuple et que Dieu aide son Gouvernement à travailler dans l’intérêt du pays et du peuple. » Il signera : Le citoyen Belhassen Trabelsi De quoi pleurer… de rire… Tagged: Belhassen Trabelsi, corruption, Fuite, Leila Ben Ali, lettre, pardon, révolution, Tunisie
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